vendredi 2 avril 2010

Primitifs italiens



(c) Aguttes

La société de vente Aguttes dispersera le 16 avril un ensemble de mobilier, d’objets d’art et de tableaux Haute Epoque, dont une Vierge à l’Enfant en trône, entouré de Saint Jacques et d’un Saint Evêque, réalisé dans l’entourage d’Agnolo Gaddi (fin du XIVème s). Cette œuvre, typique de la période du Trecento (XIIIème s.) et du Quatrocento (XIVème s.) italien, nous donne l’occasion de revenir sur un art, dit « primitif », trop souvent oublié au profit des productions postérieures. Il constitue pourtant le relais nécessaire entre l’art du Moyen-âge et le modernisme de la Renaissance.

Les primitifs italiens

Ce terme de « primitifs italiens » désigne les peintres actifs avant la Renaissance. Les deux centres artistiques principaux sont alors Florence, autour de la figure de Giotto, et Sienne, autour de celle de Duccio. Cette désignation renvoie également à une technique, les peintres utilisent alors la technique dite « a tempera ». On utilise alors du jaune d’œuf pour lier les pigments. Il faut attendre le XVème s pour voir la peinture à l’huile se diffuser en Europe.

Au début du XIIIème s, les croisades ont entraîné un arrivage d’œuvres byzantines en Italie (ivoires, icônes…) qui ont inspiré les artistes italiens, comme le fond d’or qui rend la Vierge plus céleste et plus immatérielle. Au XIVème s, des artistes comme Giotto et Duccio cherchent à se défaire de cet héritage pour faire un art plus « vrai », plus naturel. Les peintres « primitifs » portent alors une grande attention à la sculpture contemporaine, notamment celle des Pisano, et apporte un certain naturalisme, du volume et du mouvement à leurs figures.

La production la plus caractéristique de cette époque est celle du retable, signifiant littéralement « derrière l’autel » car l’œuvre était placé derrière le maître autel. Ce type d’œuvre prend son essor au XIVème s. A l’origine, il ne comporte qu’un seul panneau appelé « pala » et qui figure généralement la Vierge et l’Enfant, entouré de saints. Avec le temps, il prend de plus en plus d’importance et se pare de panneaux latéraux, représentant notamment des saints locaux. Sont également réalisés des panneaux de dévotion privée, de plus petite taille.

L’un des plus anciens retables conservés est la Maestà peinte par Duccio pour la cathédrale de Sienne, entre 1308 et 13011.

Agnolo Gaddi (actif de 1350 à 1396) :

Agnolo Gaddi fait partie de ces peintres florentins qui ont subi directement l’influence de Giotto (1257-1337), alors chef de file de l’école de peinture florentine. Il est en effet le fils de Taddeo Gaddi (1300-1366), l’élève de Giotto. Agnolo Gaddi travailla au cycle de la Vraie Croix à l’église franciscaine de Santa Croce à Florence, ou encore au Duomo de Prato. Il fonde un atelier et aura pour apprenti un peintre aussi prestigieux que Lorenzo Monaco.

On retrouve dans l’art d’Agnolo cette volonté de représenter le réel, de figurer des personnages moins figés, de leur donner cette vie qui manquait à l’art italien. Le rosé des pommettes, la variété des attitudes, la délicatesse des plis des vêtements, les coloris contrastés, l’attention portée à la représentation des tissus, tout cela concourt à créer un art plus intime, plus proche de notre quotidien et celui des hommes du Moyen-âge.

Informatiques pratiques :

Drouot Richelieu

9 rue Drouot - 75009 Paris
Salles 5 et 6

Expositions publiques :
Jeudi 15 avril de 11h à 18h & Vendredi 16 avril de 11h à 12h
Vente : Vendredi 16 avril à 14h30
Pour aller plus loin :

L'Homme en perspective : Les primitifs d'Italie

B. Cole, Agnolo Gaddi, Oxford 1977

mercredi 24 mars 2010

Un Caspard David Friedrich à 100 euos !



(c) interencheres

Et oui vous ne rêvez pas ! C'est l'estimation que proposait la maison de ventes Azur Enchères, à Cannes, lors d'une vente courante le 10 février, pour acquérir une oeuvre d'un des artistes romantiques les plus fameux,  Caspar David Friedrich (1774-1840). L'oeuvre n'est certes pas exceptionnelle et de petite dimension, mais elle ne manquera pas de faire parler d'elle !

Lors de la vente, le tableau avait atteint un prix d'adjudication à hauteur de 350 000 euros, pour une mise à prix à 30 euros. Il était remporté par la galerie parisienne Talabardon et Gautier. La galerie avait ainsi flairé le bon coup, l'oeuvre étant aujourd'hui estimée à près de 3 millions d'euros ! Cela n'a donc pas manqué d'attirer l'attention des vendeurs et des spécialistes. La vente va cependant être annulée pour erreur sur la substance, c'est-à-dire sur la nature réelle du bien vendu. Au lieu d'une croûte à 100 euros, il se retrouve avec un chef-d'oeuvre à 3 millions d'euros ! 

Autre rebondissement dans l'affaire, le tableau pourrait en effet être, d'après un article sur le peintre, publié en 1997 dans la revue du Louvre par Patrick Le Nouëne, conservateur en chef du patrimoine des musées d'Angers, un des trois tableaux qui figuraient dans l'inventaire après décès du sculpteur David d'Angers. 

lundi 22 mars 2010

Pourquoi payer un Picasso 75 millions d'euros ?




C'est la question qui revient sans cesse lorsque l'on parle de tableaux de maîtres et de ventes aux enchères : "Mais pourquoi payer des millions d'euros une toîle, fût-elle d'un grand maître de la peinture ?" Loin de moi de justifier les sommes colossales qui sont dépensées par certains collectionneurs ou musées internationaux, je vais quand même tenter de vous apporter quelques éléments de réponses.

Rappelons déjà quelles sont les cinq plus grosses enchères de ces dernières années :

1) Alberto Giacometti, "L'homme qui marche I" (Sotheby's Londres, février 2010): 75 millions d'euros.
2) Pablo Picasso, "Le garçon à la pipe" (Sotheby's New York, mai 2004) : 74,9 millions d'euros.
3) Pablo Picasso, "Dora Maar au chat", 1941, (Sotheby's New York, mais 2006) : 70,5 millions d'euros.
4) Gustav Klimt, Portrait d'Adèle Bloch-Bauer II, 1912 (Christie's New York, Février 2006) : 65 millions d'euros.
5) Vincent Van Gogh, "Portraut du Docteur Gachet à la branche de digitale, 1890 (Christie's New York, 1990) : 63 millions d'euros.
(retrouvez toutes les informations sur ces enchères dans la rubrique "top 5 des plus grosses enchères", dans la rubrique en haut à droite) 

A noter déjà que les plus grosses enchères concernent principalement des peintres qui se situent après la deuxième moitié du XIXème s, que l'on peut qualifier donc de modernes, l'ancienneté du peinture n'est donc pas gage d'un prix élevé ! Le peintre ancien le plus cher au monde est Rubens avec 56 millions d'euros pour le "Massacre des Innocents" (1611), vendu par Sotheby's Londres, en 2002.

Le prix d'une oeuvre d'art répond déjà à un critère tout simplement issu de l'économie de marché : l'offre et la demande. Cela permet de définir la côte d'un artiste. Plus les oeuvres d'un artiste sont demandées et plus ses prix augmentent. Plus l'offre d'un artiste reconnu est limitée et plus les prix grimpent. Ainsi, il n'est pas étonnant qu'un artiste comme Modigliani, qui a eu une carrière assez brève, s'arrache à des prix très élevés. Bien que fondé sur un critère économique, la côte résulte tout de même de facteurs subjectifs : la mode, le goût d'une époque, le goût des collectionneurs ... mais cela repose malgré tout sur l'importance que l'artiste a eu sur son époque et sur les générations futures. A-t-il créé un nouveau courant artistique ? A-t-il fait avancer l'histoire de l'art ? Picasso est certainement le meilleur exemple d'un artiste qui a lancé de nouveau courant comme le cubisme et qui a permis le passage du figuratif à l'abstrait. Il faudra également attendre quelques temps avant de savoir si des artistes comme Damien Hirst, soutenu par les grands collectionneurs d'aujourd'hui, justifient leur prix actuels.  

Une oeuvre qui atteindra des sommes considérables est également une oeuvre d'une qualité irréprochable, tant dans son exécution que dans sa conservation. On parle alors d'oeuvre de qualité "muséale", c'est-à-dire tout simplement digne d'intégrer les collections d'un musée.

Une donnée très important entre également en jeu, à savoir la provenance de l'oeuvre. Les oeuvres qui font des prix importants en ventes aux enchères proviennent de collections très prestigieuses : Le garçon à la pipe de Picasso était ainsi dans la collection de la famille Whitney, célèbre famille d'industriels et grands collectionneurs d'art, ils sont à l'origine de la création du Whithney Museum of American Art de New York. Plus proche de nous, en 2009, la collection d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé a fait des records d'enchères. Cela est dû, d'une part, à la qualité des oeuvres en vente, mais également parce qu'elles provenaient de galeries très connues (Kugel...) et surtout de la collection du célèbre couturier. Le "pédigrée" de l'oeuvre est donc un facteur non négligeable pour le succès d'une oeuvre aux enchères.

Liée à la provenance, on peut également évoquer l'historique de l'oeuvre. En effet, une oeuvre qui a fait l'objet d'une publication par un universiteur ou un professionnel de l'art, qui a été présentée dans des expositions importantes s'en trouve d'autant plus valorisée. Une telle démarche permet, tout d'abord, de lever tout doute sur l'authenticité de celle-ci et nous renseigne sur l'intérêt qu'elle présente au regard de l'histoire de l'art. Le détournement de ce principe en est que, parfois, des expositions sont montées de toute pièces, en collaboration avec les musées et les héritiers de certains artistes, pour ensuite permettre à ces derniers de vendre les oeuvres reçues en héritage à un prix bien supérieur à celui du marché.

On peut parler également pour ces ventes record d'oeuvres "fraîches". Non pas qu'elles aient été peintes récemment, mais parce qu'elles sont fraîchement débarquées sur le marché de l'art. En effet, les collectionneurs apprécient d'autant plus une oeuvre qui n'a jamais fait ou à de très occasions l'objet d'une vente aux enchères. On estime qu'une oeuvre qui revient très régulièrement sur le marché, qui ne se vend pas très bien, même d'un grand artiste, est "grillée" sur le marché. Cela peut venir du fait que sa qualité est médiocre ou que l'authenticité de l'oeuvre pose problème. On comprend donc que marchands et commissaires-priseurs souhaitent avant tout toucher de vieilles collections particulières, avec des oeuvres qui sont restées très longtemps entre les mains de la même famille.

Voilà pour ses quelques éléments de réponse.
Après, libre à vous de vous faire une opinion !

vendredi 19 mars 2010

Tourisme culturel au 19ème s. !



(c) Oger et Camper

Avec une gouache représentant l'éruption du Vésuve (lot, 111, est. 3/3500 euros), la maison Oger et Camper nous plonge, lors d'une vente qui aura lieu à Drouot le 26 mars, au coeur des habitudes touristiques du XIXème s. L'Italie est alors une destination de choix pour l'aristocratie et la grande bourgeoisie. Avec les redécouvertes de Pompéi en 1763 et Herculanum en 1738, le Vésuve a exercé sur les touristes du XIXème s une grande fascination.

Qu'est ce que le Grand Tour ?

A l'origine du terme "touriste", il existe une pratique qui naît, en Europe du Nord, au XVIIème s et trouve son apogée aux XVIIIème et XIXème s, il s'agit du Grand Tour, appelé également Tour du Chevalier. Il s'agit, à l'origine, pour les jeunes aristocrates de se former aux pratiques militaires, diplomatiques et intellectuelles dans des pays étrangers tels que la France, l'Allemagne, la Suisse et principalement l'Italie. Viendront par la suite la Grèce et l'Asie Mineure. Au XVIIIème s et surtout au XIXème s, le Grand Tour sera surtout le fait d'amateurs d'art, de collectionneurs ou d'artistes comme Goethe, Turner, Lord Byron, venus redécouvrir le passé artistique de l'Italie afin de mieux nourrir leur art.

Le Grand Tour est l'apanage d'une élite, il permet de faire étalage de ses moyens financiers, de sa culture et de réseau social étendu au-delà même des frontières de sa patrie. Il permettait également de se forger une culture commune : on pouvait alors échanger entre gens bien nés des histoires et des anecdotes sur des lieux touristiques que tous avaient visités.  

En Italie, les étapes nécessaires sont alors Florence, pour y admirer les oeuvres de la Renaissance, Rome, pour son passé antique, et Naples, proche de laquelle ont été redécouverts les sites de Pompéi et Herculanum et qui fascinent les touristes de l'époque.

Tableaux, objets d'art, antiques, copies d'antiques sont alors exportés de manière prodigieuse; On se fait également portraituré par les artistes en vogue comme Pompeo Batoni. Le tableau ci-dessous de Johann Zoffani nous montre l'attrait énorme qu'exerçaient l'Antiquité et l'Italie sur les amateurs d'art du XIXème s, qui commanditaient alors des artistes pour acheter, en Italie ou en Grèce, de véritables antiques ou en faire des copies. Cette oeuvre représente Charles Towneley, dans sa résidence de Park Street, à Londres, au milieu de sa collection. Il ramena d’Italie beaucoup d’antiques et les déposa dans sa demeure de Park Street, avant que ceux-ci soient rachetés par le British Museum en 1783. On peut notamment voir, au premier plan, le Discobole, rajouté a posteriori car découvert en 1790.


La mode du Grand Tour, à part une petite résurgence durant la Restauration (1830-48), prendra fin avec la Révolution Française et le Premier Empire, du fait des troubles qui secouent alors le continent et incitent les aristocrates anglais à rester dans leur patrie.

Pour en revenir à notre gouache, il s'agit plutôt de ce que l'on pourrait qualifier de "peinture-souvenir". En effet, avec l'émergence du tourisme en Italie, des peintres se spécialisent dans des vues d'Italie, à l'instar de Canaletto, pour ne citer que le plus connu, qu'ils vendent à une clientèle de passage. L'utilisation de l'aquarelle ou de la gouache répond donc à la nécessité d'exécuter des oeuvres plus rapidement et en plus grand nombre, mais permettent d'introduire plus de naturalisme.

De grands peintres comme Achille Etna Michallon prennent l'éruption Vésuve comme sujet, témoignage de la force de la nature et sujet de prédilection pour la peinture du Sublime.



Les gouaches, dont celle vendue par la maison Oger et Camper, est un très bel exemple de cette production de souvenirs, le plus souvent anonymes, et toujours composés de la même manière. La gouache est encadrée de noir, elle porte en mention manuscrite du jour et l'année de l'éruption représentée, le plus souvent celles de 1794, 1810 et 1822. On en trouve de deux tailles différentes : environ 40 cm par 30 et destinées à être encadrées, ou bien des plus petites, 10-15 cm par 5-10, destinées à être mises dans des albums. Elles sont d'une facture assez naïve et figurent des vues de jour ou de nuit de l'éruption, mais aussi des vues de Naples et de ses environs.

Ces pièces, pour les plus beaux grand formats, se vendent, aujourd'hui,  entre 1500 et 3500 euros, et pour les petits formats, quelques centaines d'euros, généralement entre 300/400 euros.

A vos enchères !

Informations pratiques :

Exposition : Le jeudi 25 mars 2010 de 11h à 18h et le vendredi 26 mars de 11h à 12h

Vente du Vendredi 26 mars 2010à  14h

Lieu : Drouot Richelieu - Salle 15 - 9, rue Drouot - 75009 Paris

Catalogue en ligne :
http://www.ogercamper.auction.fr/FR/v14169-oger-camper-numismatique-archeologie-art-extreme-orient-tableaux-orfevrerie-mobilier/index.html

Pour aller plus loin :
Anthony Burgess et Francis Haskell, Le Grand Siècle du Voyage (1967), Paris, Albin Michel, 1968

Gouaches napoletane del Settecento e dellOttocento: Museo Pignatelli, 20 dicembre 1985-28 febbraio 1986

mercredi 17 mars 2010

L'Empire à Fontainebleau

La maison Osenat, à Fontainebleau, organise une nouvelle vente "L'Empire à Fontainebleau", les samedi 27 et dimanche 28, à 14h15.

La première vacation, le 27 mars, permettra de disperser un ensemble de lettres et manuscrits de l'époque impériale, ainsi que des documents concernant la Révolution et l'Empire. Se succèderont ainsi lettres manuscrites de Napoléon, Joséphine, Talleyrand, Masséna... pour des estimations allant de quelques centaines d'euros à plusieurs milliers d'euros.

La seconde vacation, le 28 mars, réunira objets d'art, tableaux, décorations de l'Empire. A noter ainsi, un très beau portrait de Napoléon 1er dans son bueau (lot406), d'après un tableau - conservé en collection privée - de Paul Hippolyte Delaroche (1797-1856), estimé 1800/2000 euros.

(c) Osenat

Au numéro 532, on trouve une rare pendule en bronze symbolisant La Nuit ou Le Coucher comprenant un mouvement dans un globe terrestre, surmonté d'une Renommée tenant un drapé étoilé. Cette pièce rare est estimée entre 5500 et 6000 euros. Elle montre l'excellence des bronziers de l'Empire en matière de pendules à sujet mythologique ou allégorique. Les pendules monumentales triomphent avec les bronziers Thomire et Claude Galle. 

(c) Osenat

A vos enchères !

Informations pratiques :

Hôtel des Ventes - 5, rue Royale - 77300 Fontainebleau

Exposition : Vendredi 26 mars de 14h à 18h et Samedi 27 mars de 10h à 12h

Ventes :
Samedi 27 mars 2010 à 14h15
Dimanche 28 mars 2010 à 14h15
 
catalogue sur le site : http://www.osenat.fr/
 
Pour aller plus loin :
FRANCASTEL, P., Le Style Empire, Paris, Larousse, 1989

mardi 16 mars 2010

Report de la vente-marathon au profit d'Haïti

DROUOT a décidé de soutenir Haïti en organisant l’opération « 24 heures d’enchères pour les enfants d’Haïti ». Engagés depuis de nombreuses années pour défendre la cause des enfants et conscients de la nécessité d’apporter une aide à la fois immédiate et à long terme au peuple haïtien, DROUOT et les commissaires-priseurs parisiens ont décidé de se mobiliser en organisant une vente aux enchères exceptionnelle au profit des enfants d’Haïti.

Cette vente permettra de récolter les fonds nécessaires à la création ou à la reconstruction d’un orphelinat et à initier des parrainages pour offrir un avenir aux enfants accueillis.

Pendant deux jours, les commissaires-priseurs de DROUOT, assistés de nombreuses personnalités, se relaieront au marteau lors d’un véritable marathon d’enchères.

Afin d’assurer le succès de l’opération, DROUOT fait appel à la générosité de tous et espère récolter plus de 2 000 objets. Un accueil sera assuré dans le hall de l’hôtel des ventes DROUOT pour y recevoir des dons : objets, tableaux, dessins, sculptures, objets d’art, mobilier, vins, bijoux, accessoires de mode…

DROUOT s’engage pour sa part à verser la somme de quinze euros en sus du montant de chaque adjudication.

dimanche 14 mars 2010

Lit d'apparat

(c) Rossini

La maison Rossini met en vente, le 23 mars, un lit en forme de bateau d’époque Empire, en acajou, placage d’acajou et appliques de bronze, estimé 3/4000 €.

Ce lit est daté de l’Empire, entre 1800 et 1815. On en retrouve les formes simples et symétriques. L’utilisation de l’acajou est typique de cette époque. Depuis la fin de l’Ancien Régime et celle des corporations, ce type de meuble ne plus relèvent de la menuiserie, mais de l’ébénisterie. Le vocabulaire décoratif des deux architectes de Napoléon, Percier et Fontaine, à savoir les têtes de cygnes, les dauphins en bronze. Le motif du cygne fut ainsi inventé par Charles Percier (1764-1838) en 1799. Le lit-bateau est ainsi une invention du XIXème s et aura un grand succès durant tout le XIXème s. Il se caractérise par deux haut montants curvilignes qui ne sans pas sans rappeler la forme d’un bateau.



Ce lit n’est ainsi pas sans rappeler celui de Mme Récamier, le mobilier de son hôtel particulier eut un grand succès dans la France de l’Empire et servi de modèle pour bon nombre de meubles. Il fut dessiné par Berthault (1770-1823), élève de Charles Percier et certainement réalisé par Jacob Frères.

A vos enchères !

Informations utiles

Exposition :
Lundi 22 mars 2010 de 10 h 45 à 18 h 00 Mardi 23 mars 2010 de 10 h 45 à 12 h 00
Vente : Mardi 23 mars à 14h

Lieu : Salle Rossini - 7, rue Rossini - 75009 Paris
Informations : 01 53 34 55 01

Pour aller plus loin :
LEDOUX-LEBARD D., Le Mobilier Français au XIXè siècle, Paris, L’Amateur, 1984.